L’impact de la pandémie de COVID-19 sur les personnes handicapées

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mercredi, 21 septembre 2022
Publié dans Dernières nouvelles

Le COVID-19 Disability Rights Monitor (DRM) a mené une enquête internationale qui a révélé que les personnes handicapées ont été victimes d’injustices majeures au cours de la pandémie, notamment de violations du droit à la vie, à la santé et à la liberté, car les gouvernements n’ont pas tenu compte d’elles dans leurs protocoles d’intervention d’urgence. Les décisions gouvernementales étaient teintées de préjugés et de stéréotypes, qu’il s’agisse de retards dans le financement, du manque de personnel de soutien ou de mesures d’accessibilité. Pour calmer l’agitation croissante au sein de la population, les gouvernements et les médias ont adopté une approche paternaliste, en considérant les personnes handicapées comme des personnes souffrant de problèmes de santé sous-jacents, et continuant ainsi à les marginaliser.

Les inégalités intersectionnelles préexistantes ont aggravé la vulnérabilité sociale des personnes handicapées pendant la pandémie. Dans de nombreux cas, le DRM a constaté que les informations publiques étaient inaccessibles aux aveugles et aux sourds, que le triage médical désavantageait les personnes souffrant de handicaps physiques et mentaux sur la base d’évaluations biaisées de leur qualité de vie, et que les restrictions de visite exposaient les personnes vulnérables aux abus ou à la négligence. Les femmes et les jeunes filles coincées chez elles étaient plus vulnérables à la violence sexiste, celles qui vivaient dans des zones éloignées ou rurales n’avaient pas accès aux produits de première nécessité et de nombreux sans-abri handicapés ont été contraints de vivre dans des institutions qui ne disposaient pas d’équipement de protection individuelle adéquat et qui sont devenues des foyers d’infection. Les familles à faible revenu ont perdu de nombreux services de soutien. La plupart des programmes pour les jeunes enfants handicapés n’ont pas été considérés comme essentiels et de nombreuses activités d’apprentissage en ligne n’étaient pas adaptées, trop difficiles ou peu engageantes pour eux. Ils étaient déjà exclus des services de soutien communautaire et de garde d’enfants avant la pandémie, et tandis que les gouvernements se concentraient sur la réouverture des écoles et des milieux de garde, les mesures de santé publique visaient à atténuer l’impact sur l’économie, sans tenir compte des ressources dont les enfants handicapés ont besoin pour participer pleinement.

Le Comité des droits des personnes handicapées des Nations Unies met l’accent sur l’égalité inclusive, la valorisation de la personne, l’adaptation positive, le droit d’appartenance et la distribution de ressources tenant compte de cette différence. La réponse canadienne à la COVID-19 tient-elle compte des personnes handicapées ? Le Crédit d’impôt canadien pour personnes handicapées et la bonification de la Prestation canadienne d’urgence pour les étudiants (PCUE) visaient à remédier aux inégalités pendant la pandémie. Toutefois, beaucoup ont été exclus en raison de critères d’admissibilité désuets. Même si la Loi canadienne sur l’accessibilité a été promulguée afin de lutter contre les obstacles à l’accessibilité en consultant les personnes handicapées, et que certaines d’entre elles ont trouvé que les plateformes virtuelles leur permettaient de participer à des activités liées au travail, à l’école et à la culture qui étaient autrement inaccessibles, plusieurs structures traditionnelles se sont avérées inefficaces et contraires à l’éthique. La COVID-19 a mis en évidence la nature fragile des systèmes de soutien. Comment les personnes handicapées et les organisations qui les représentent peuvent-elles participer à la planification de crise et l’élaboration des politiques à l’avenir ? Quels investissements d’ordre technologique peuvent-ils être réalisés pour mieux servir les personnes handicapées ?

Ces questions et bien d’autres seront abordées lors de la 46e conférence annuelle de l’ICAJ sur « Le droit à la dignité en droit canadien », qui aura lieu du 26 au 28 octobre 2022 (en personne à Halifax et en ligne).

Des panélistes chevronnés offriront leur expertise et leur expérience personnelle au lors du panel 5, qui porte sur les nombreuses significations de la dignité :

Modératrice

Conférenciers

Mots clés du Panel 5 : déficiences mentales ou physiques, impacts de la COVID-19 (y compris le confinement, les restrictions, les protocoles de triage, l’équipement de protection individuelle (EPI) inadéquat et la prise de décision assistée), enfants handicapés, CDPH de l’ONU, violence sexiste, problèmes de santé sous-jacents, réponse paternaliste du gouvernement, altérité, capacitisme, COVID-19 Disability Rights Monitor, vulnérabilité sociale, intersectionnalité, accessibilité, planification de crise, crédit d’impôt pour personnes handicapées, PCU.

D’autres billets sur la dignité sont publiés à la page suivante: https://ciaj-icaj.ca/fr/blogue/


Aperçu de la conférence

La 46e conférence annuelle de l’ICAJ, intitulée « Le droit à la dignité en droit canadien », abordera la dignité en tant que droit fondamental de la personne. Le concept de dignité sera étudié sous divers angles, notamment moral et philosophique, sans oublier son application en tant que norme juridique. La discussion prendra appui sur certaines questions essentielles, comme le rôle de la dignité dans l’identité de genre et les droits en matière de procréation, l’aide médicale à mourir, les soins aux aînés, les droits des personnes handicapées et les droits à l’égalité. Le rôle de la dignité sera également abordé dans le contexte des systèmes de justice pénale et carcérale canadiens, particulièrement en ce qui concerne les peuples autochtones, la justice réparatrice, la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones, et la réconciliation.

À propos de l'auteur

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Fondé en 1974, l’Institut canadien d’administration de la justice (ICAJ) rassemble les individus et les institutions au service de l’administration de la justice et vise à promouvoir l’excellence en favorisant l’acquisition de connaissances, la formation et l’échange d’idées. L’ICAJ offre des programmes de formation multidisciplinaires qui s’adressent à tous les acteurs du système de justice, rédige des rapports et émet des recommandations pouvant servir d’assise au changement.