Découvrez notre conseil d’administration : Jennifer Cox, c.r.

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mercredi, 16 février 2022
Publié dans Dernières nouvelles

Depuis sa création en 1974, l’ICAJ s’emploie à promouvoir une saine administration de la justice ainsi qu’à soutenir la communauté juridique de toutes les manières possibles. L’ICAJ tient à remercier les membres de son conseil d’administration, qui partagent leurs compétences et œuvrent à l’amélioration du système de justice avec cœur et intelligence, au bénéfice de la société tout entière. Les actions et programmes de l’ICAJ ne seraient pas possibles sans le dévouement de ces professionnels remarquables.

Texte original en anglais

Que représente l’ICAJ pour vous ?

L’ICAJ m’a donné l’occasion d’apprendre, de partager mon point de vue avec un regard autochtone et de nouer de nombreuses relations.

Depuis quand êtes-vous membre du conseil d’administration de l’ICAJ ?

J’ai été nommée au conseil d’administration en novembre 2021.

Quel est l’événement le plus marquant auquel vous avez participé avec l’ICAJ ?

Tout ce que j’ai fait avec l’ICAJ a de l’importance pour moi, car chaque fois que j’ai participé à un événement de l’ICAJ, j’ai pu donner voix aux enjeux juridiques autochtones et j’ai senti un intérêt sincère pour les questions que je soulève.

Pourquoi est-ce important pour vous d’être actif et de vous impliquer en marge de votre fonction ?

J’ai donné de mon temps dans l’espoir d’améliorer la vie des Autochtones et de leur offrir un meilleur accès à la justice. En tant qu’avocate autochtone, j’ai constaté que le point de vue des Autochtones est souvent absent ou complètement incompris. J’ai eu la chance de vivre des expériences et d’avoir diverses occasions à saisir, et je me sens obligée de rendre la pareille à ma communauté en organisant des séances d’éducation, en créant des liens ou en favorisant les relations, et en apportant tout le soutien possible aux personnes qui pourraient bénéficier de mes actions.

Qu’est-ce que vous aimez le plus dans votre travail ?

Mon poste actuel est celui d’avocate principale de la Commission des pertes massives. Je suis née et j’ai grandi à Truro et j’ai vécu cette tragédie en tant que résidente de la région de Truro [en Nouvelle-Écosse]. Je décris cette expérience comme étant similaire au 11 septembre. J’ai accepté ce poste, car j’ai ressenti un sentiment de devoir envers ma communauté de partager mon expertise en matière d’enquête publique et de tâcher d’apporter un point de vue local au sein de la Commission.

Y a-t-il une cause qui vous tient davantage à cœur ?

Je tiens à aborder les problèmes de manière pragmatique, avec honnêteté et en traitant mon prochain avec dignité. J’aime aller au bout des choses pour trouver des solutions créatives et j’accepte rarement un non comme réponse. Les gens sont confrontés à de nombreux problèmes différents lorsqu’ils interagissent avec le système judiciaire et il est important pour moi d’avoir une vue d’ensemble.

Pensez-vous que la justice évolue avec la société ? Plus vite/moins vite ?

La justice peut être en phase avec la société mais elle peut aussi évoluer trop lentement. Elle dépend en quelque sorte de la volonté politique, de la manière dont les affaires peuvent être portées devant les tribunaux (les faits) et de la capacité des personnes concernées à chercher des solutions par le biais du système judiciaire. Je pense que parfois nous compliquons trop les choses et ne sortons pas assez des sentiers battus.

Quelle est la dernière loi ou débat public qui vous a marqué ?

La question du bien-être des enfants autochtones est celle dont j’ai l’expérience la plus récente. En tant que mère, j’ai toujours été passionnée par le droit de la famille, et j’ai toujours eu des affinités particulières avec les questions liées à la protection de l’enfance. En tant qu’avocate, cela me motive beaucoup de travailler en collaboration pour tenter de minimiser tout préjudice supplémentaire pouvant être causé à des personnes qui souffrent déjà. J’ai eu recours à de nombreuses approches collaboratives en matière de protection de l’enfance en Nouvelle-Écosse, en essayant de trouver des solutions en marge des salles d’audience. J’ai également travaillé très fort pour que la perspective autochtone soit prise en compte dans la législation sur la protection de l’enfance, tant au niveau provincial que fédéral.

Que pensez-vous de l’exposition sur Internet des affaires juridiques ?

Cela peut être bon ou mauvais. La connaissance de la loi est toujours utile si les règles sont dépeintes avec précision. Connaître la loi et savoir comment l’appliquer est le fruit de nombreuses années de travail et parfois, cela manque dans la discussion. C’est bien de tenir des débats pour comprendre les différents points de vue, mais ceux-ci doivent être mesurés et respectueux afin de ne pas permettre que des relations soient brisées par des discussions polarisées. Internet devrait envisager d’apprendre aux gens à accepter d’être en désaccord et à être respectueux des autres.

Êtes-vous présente sur les médias sociaux ?

Non, je n’ai pas de comptes sur les réseaux sociaux.

Quel est le plus grand défi auquel vous avez fait face dans votre parcours ?

Le plus grand défi auquel j’ai dû faire face tout au long de ma carrière juridique a été de trouver un équilibre entre mes responsabilités de mère et ma carrière d’avocate. C’était très, très difficile à faire et il était impossible de trouver une solution pour conserver cet équilibre sain lorsque mes enfants étaient jeunes, car il n’était pas envisageable de travailler autrement qu’à temps complet. Je me suis souvent demandé si je devais quitter ma profession pour répondre correctement aux besoins de mes enfants et ma vie ressemblait souvent à un château de cartes. J’espère que la profession créera des situations plus souples pour les parents.

Lorsque vous avez choisi d’étudier le droit, pensiez-vous ensuite poursuivre une carrière d’avocate ?

Oui, j’ai toujours voulu être avocate et plaider. J’ai su dès mon plus jeune âge que j’avais un don pour parler en public et j’ai passé de nombreuses années sur scène en tant que membre d’un groupe ou dans des événements musicaux en solo.

Si vous n’étiez pas devenu avocate qu’auriez-vous aimé faire d’autre ?

J’aurais aimé devenir médecin. Je ne l’ai pas réalisé avant d’avoir des enfants atteints de maladies graves et chroniques. J’ai une aptitude pour la médecine dont je n’avais pas conscience avant d’être mère.

Avez-vous une activité ou un passe-temps favori ?

Je fais de l’exercice (course à pied, vélo, marche, natation) et j’ai récemment commencé à faire de la musculation. Je joue également au tennis et au golf, je fais du ski alpin et du ski nautique (debout ou à genoux) lorsque j’en ai l’occasion. J’aime cuisiner et exercer ma créativité en imaginant des gâteaux pour les anniversaires ou les occasions spéciales. Je joue de la trompette et de la flûte et j’ai récemment commencé à apprendre la guitare. Je fais des travaux d’aiguille et je peins. J’aime réparer les choses et je fais beaucoup de réparations domestiques. Je suis récemment devenue grand-mère.

Y a-t-il un message que vous aimeriez passer aux jeunes qui envisagent de devenir avocate ? Si vous pouviez vous parler à vous-même quand vous aviez 20 ans, que vous diriez-vous ?

  • Suivez votre instinct ou votre sens de la justice lorsqu’il s’agit d’aborder un problème ou une affaire. Pensez à la première impression que vous avez eue d’une affaire lorsque vous en avez pris connaissance, car il y a de fortes chances qu’un tribunal ait la même première impression, et préparez-vous en conséquence.
  • Gardez du temps pour vous et faites-en sorte que cela fasse partie de votre routine dès le début de votre carrière. Développer une routine positive de bien-être personnel en tant qu’avocat demande de la patience et sera probablement la chose la plus difficile à faire pour vous. Travailler 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 est un standard dépassé de la profession, qui a fait des ravages dans la vie d’avocats et de leurs familles. Résistez à la tentation de le faire et intégrez intentionnellement le bien-être personnel dans votre routine.
  • Soyez curieux, sans aucune réserve ! – Si vous ne savez pas ou ne comprenez pas quelque chose, posez des questions et demandez conseil. Faire semblant de savoir quelque chose ne vous aidera jamais à réussir.

À propos de Jennifer Cox, c.r.

Membre du Conseil d’administration de l’ICAJ
Avocate principale de la Commission des pertes massives

Jennifer Cox est une avocate micmaque qui travaille actuellement comme avocate principale de la Commission pour la Commission des pertes massives. Jennifer a obtenu un baccalauréat en arts en 1991 et un baccalauréat en droit en 1994, tous deux de l’Université Dalhousie. Jennifer est membre de la Nova Scotia Barristers’ Society depuis 1995 et de la Law Society of Saskatchewan depuis 1996. Elle a travaillé pour la majeure partie de ses 27 de carrière à plaider des affaires principalement dans les domaines du droit de la famille et du droit pénal en Nouvelle-Écosse et en Saskatchewan. Elle a participé à deux enquêtes publiques : la Commission d’enquête sur la condamnation injustifiée de David Milgaard, et l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées. Jennifer possède également une vaste expérience dans le domaine de la protection de l’enfance et a participé de manière intensive au processus législatif, tant au niveau fédéral que provincial. Jennifer est la mère de deux filles adultes et est récemment devenue une Kiju (grand-mère). Jennifer Cox, c.r., est membre du Conseil d’administration de l’ICAJ depuis 2021.

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À propos de l'auteur

ICAJ

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Fondé en 1974, l’Institut canadien d’administration de la justice (ICAJ) rassemble les individus et les institutions au service de l’administration de la justice et vise à promouvoir l’excellence en favorisant l’acquisition de connaissances, la formation et l’échange d’idées. L’ICAJ offre des programmes de formation multidisciplinaires qui s’adressent à tous les acteurs du système de justice, rédige des rapports et émet des recommandations pouvant servir d’assise au changement.