Arménie: justice, beauté et aspirations communes

Dans ce billet de blogue, Me Christine O’Doherty, avocate et directrice générale de l’Institut canadien d’administration de la justice, revient sur son séjour en Arménie dans le cadre du Projet de partenariat d’assistance technique, en partageant à la fois des réflexions professionnelles et les expériences humaines qui ont marqué sa visite.
Arménie: justice, beauté et aspirations communes
Je suis arrivée en Arménie en septembre 2025 pour une mission professionnelle axée sur la réforme de la justice, l’administration des tribunaux et la justice pour les jeunes. Je suis repartie avec bien plus que des notes de réunion et des réflexions sur le droit. Je suis repartie avec des images, des saveurs, des rires et un profond sentiment d’attachement à un pays à la fois ancien et en pleine mutation.
L’Arménie est un pays magnifique. Cela peut sembler une simple affirmation, mais elle prend tout son sens une fois que vous l’avez vu. Les paysages se dévoilent tranquillement – montagnes, vallées, villages de pierres – sans jamais chercher à impressionner, mais y parvenant constamment. L’histoire est omniprésente, non pas comme quelque chose de lointain ou sortie des musées, mais comme quelque chose de bien vivant. La visite des églises et de la cathédrale a été particulièrement émouvante. Leur architecture est austère et puissante, leurs pierres usées par les siècles. Debout à l’intérieur, en écoutant la musique liturgique arménienne, j’ai été frappé par la beauté des paroles et la profondeur des émotions qu’elles véhiculent. Même sans comprendre chaque mot, le sens de la communion m’est apparu clairement.
Ce qui m’a autant impressionné que le pays lui-même, ce sont les gens. Chaleureux, accueillants, souvent drôles et profondément généreux, nos homologues arméniens ont pris grand soin de nous tout au long de la mission. Nous étions accompagnés par des professionnels dévoués qui veillaient à ce que tout se passe bien, anticipant souvent nos besoins avant même que nous les exprimions. Nos conversations étaient empreintes d’une curiosité sincère, d’un désir d’apprendre, d’échanger des idées et de comprendre comment les autres font les choses ailleurs. Les Arméniens sont un peuple fier, à juste titre, et cette fierté s’accompagne d’une grande ouverture d’esprit.
Bien sûr, il s’agissait d’une mission de travail et les discussions ont été nombreuses et importantes. Nous avons rencontré des juges, des ministres, des procureurs, des responsables de la police, des avocats et des acteurs de la société civile. Dans toutes les institutions, nous avons entendu des préoccupations communes concernant les retards judiciaires, la charge de travail importante, la vulnérabilité des jeunes et la confiance du public dans le système judiciaire. L’Arménie est clairement en période de transition, modernisant ses institutions, numérisant ses procédures et repensant la manière dont la justice peut être rendue de manière plus efficace et plus équitable. Ce qui m’a frappé, c’est le sérieux avec lequel ces questions sont abordées et la reconnaissance honnête qu’il reste encore beaucoup à faire.
Parallèlement à ces discussions formelles, certains petits moments m’ont marqué. La nourriture était tout simplement fantastique. Chaque repas était un véritable acte d’hospitalité. Le brandy était à la hauteur de sa réputation, riche et onctueux, souvent partagé dans le cadre d’une conversation plutôt que d’une cérémonie. Et puis il y avait les chiens errants, partout. C’était d’abord surprenant, et parfois un peu déchirant, mais ils semblaient s’intégrer dans la vie quotidienne d’une manière qui en disait long sur la résilience, l’adaptation et la coexistence.
Nous venons de cultures distinctes, avec des histoires et des traditions juridiques différentes. Pourtant, derrière ces différences se cache quelque chose de commun: le désir de systèmes judiciaires équitables, humains et dignes de la confiance du public. Cette aspiration partagée était le fil conducteur de chaque réunion et échange.
L’Arménie m’a rappelé que la coopération internationale ne consiste pas seulement à transférer des modèles ou à partager des compétences. Il s’agit d’écouter, d’apprendre et de nous reconnaître dans les autres. Je suis reconnaissante pour le travail que nous avons accompli là-bas, mais je suis encore plus reconnaissante pour ce que le pays et son peuple nous ont apporté en retour.
Cette publication a été rendue possible grâce au soutien du Projet de partenariat d’assistance technique financé par Affaires mondiales Canada.
