Arménie: justice, beauté et aspirations communes

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mardi, 3 mars 2026
Publié dans Dernières nouvelles

Dans ce billet de blogue, Me Christine O’Doherty, avocate et directrice générale de l’Institut canadien d’administration de la justice, revient sur son séjour en Arménie dans le cadre du Projet de partenariat d’assistance technique, en partageant à la fois des réflexions professionnelles et les expériences humaines qui ont marqué sa visite.

 


Arménie: justice, beauté et aspirations communes

 

Je suis arrivée en Arménie en septembre 2025 pour une mission professionnelle axée sur la réforme de la justice, l’administration des tribunaux et la justice pour les jeunes. Je suis repartie avec bien plus que des notes de réunion et des réflexions sur le droit. Je suis repartie avec des images, des saveurs, des rires et un profond sentiment d’attachement à un pays à la fois ancien et en pleine mutation.

L’Arménie est un pays magnifique. Cela peut sembler une simple affirmation, mais elle prend tout son sens une fois que vous l’avez vu. Les paysages se dévoilent tranquillement – montagnes, vallées, villages de pierres – sans jamais chercher à impressionner, mais y parvenant constamment. L’histoire est omniprésente, non pas comme quelque chose de lointain ou sortie des musées, mais comme quelque chose de bien vivant. La visite des églises et de la cathédrale a été particulièrement émouvante. Leur architecture est austère et puissante, leurs pierres usées par les siècles. Debout à l’intérieur, en écoutant la musique liturgique arménienne, j’ai été frappé par la beauté des paroles et la profondeur des émotions qu’elles véhiculent. Même sans comprendre chaque mot, le sens de la communion m’est apparu clairement.

Ce qui m’a autant impressionné que le pays lui-même, ce sont les gens. Chaleureux, accueillants, souvent drôles et profondément généreux, nos homologues arméniens ont pris grand soin de nous tout au long de la mission. Nous étions accompagnés par des professionnels dévoués qui veillaient à ce que tout se passe bien, anticipant souvent nos besoins avant même que nous les exprimions. Nos conversations étaient empreintes d’une curiosité sincère, d’un désir d’apprendre, d’échanger des idées et de comprendre comment les autres font les choses ailleurs. Les Arméniens sont un peuple fier, à juste titre, et cette fierté s’accompagne d’une grande ouverture d’esprit.

Bien sûr, il s’agissait d’une mission de travail et les discussions ont été nombreuses et importantes. Nous avons rencontré des juges, des ministres, des procureurs, des responsables de la police, des avocats et des acteurs de la société civile. Dans toutes les institutions, nous avons entendu des préoccupations communes concernant les retards judiciaires, la charge de travail importante, la vulnérabilité des jeunes et la confiance du public dans le système judiciaire. L’Arménie est clairement en période de transition, modernisant ses institutions, numérisant ses procédures et repensant la manière dont la justice peut être rendue de manière plus efficace et plus équitable. Ce qui m’a frappé, c’est le sérieux avec lequel ces questions sont abordées et la reconnaissance honnête qu’il reste encore beaucoup à faire.

Parallèlement à ces discussions formelles, certains petits moments m’ont marqué. La nourriture était tout simplement fantastique. Chaque repas était un véritable acte d’hospitalité. Le brandy était à la hauteur de sa réputation, riche et onctueux, souvent partagé dans le cadre d’une conversation plutôt que d’une cérémonie. Et puis il y avait les chiens errants, partout. C’était d’abord surprenant, et parfois un peu déchirant, mais ils semblaient s’intégrer dans la vie quotidienne d’une manière qui en disait long sur la résilience, l’adaptation et la coexistence.

Nous venons de cultures distinctes, avec des histoires et des traditions juridiques différentes. Pourtant, derrière ces différences se cache quelque chose de commun: le désir de systèmes judiciaires équitables, humains et dignes de la confiance du public. Cette aspiration partagée était le fil conducteur de chaque réunion et échange.

L’Arménie m’a rappelé que la coopération internationale ne consiste pas seulement à transférer des modèles ou à partager des compétences. Il s’agit d’écouter, d’apprendre et de nous reconnaître dans les autres. Je suis reconnaissante pour le travail que nous avons accompli là-bas, mais je suis encore plus reconnaissante pour ce que le pays et son peuple nous ont apporté en retour.

 


À propos du Projet de partenariat d’assistance technique (PAT):

Le Projet de partenariat d’assistance technique (PAT) d’Affaires mondiales Canada vise à mobiliser des experts canadiens issus de divers domaines afin de fournir une assistance technique aux pays en développement. Le Commissariat à la magistrature fédérale Canada (CMF) est l’un des organismes du gouvernement du Canada qui met en œuvre un projet de développement international dans le cadre du projet PAT. Au titre du projet PAT, le CMF collabore avec un maximum de trois pays par année dans le cadre d’un programme d’un an visant le renforcement des capacités des institutions judiciaires. Ce mécanisme permet au Canada de mettre à profit l’expertise de son système judiciaire pour répondre aux demandes d’assistance technique formulées par l’entremise des missions canadiennes à l’étranger. L’assistance technique est fournie en réponse aux besoins exprimés par les pays partenaires, tout en s’inscrivant dans les priorités du Canada en matière de développement international, notamment le renforcement de l’égalité des genres et la protection des droits de la personne.

Plus d’informations

Cette publication a été rendue possible grâce au soutien du Projet de partenariat d’assistance technique financé par Affaires mondiales Canada.

À propos de l'auteur

M<sup>e</sup> Christine O'Doherty

Me Christine O'Doherty

Directrice générale

Christine O’Doherty est directrice générale de l’Institut canadien d’administration de la justice (ICAJ) depuis 2017 et membre du Barreau du Québec depuis 1994. Avocate bilingue (français et anglais), elle possède une solide expertise en droit autochtone et droit administratif. Gestionnaire chevronnée et communicatrice efficace, elle a également joué un rôle clé tout au long de sa carrière dans l’élaboration et la mise en œuvre de stratégies de relations publiques et de relations gouvernementales pour divers organismes d’envergure.

Formatrice et pédagogue certifiée en enseignement aux adultes, Me O’Doherty cumule presque 10 ans d’expérience en formation continue au sein de l’ICAJ. Elle conçoit et anime des ateliers spécialisés, notamment sur la rédaction des jugements et des décisions, destinés à la magistrature canadienne et à d’autres professionnels du droit. Elle a également contribué à la création de programmes sur mesure pour les tribunaux visant à améliorer la qualité rédactionnelle, l’efficacité des décisions et l’accès à la justice.

Avant de se joindre à l’ICAJ, Me O’Doherty a enseigné pendant 14 ans à la Faculté de pharmacie de l’Université de Montréal, où elle était responsable du programme de compétences transversales pour les étudiants du 1er et du 2e cycle. Cette expérience lui a permis d’acquérir une solide expertise dans la conception pédagogique et la transmission de compétences clés.

À l’ICAJ, elle supervise le développement et la mise en œuvre de programmes de formation novateurs pour la magistrature et la communauté juridique canadienne, intégrant des approches participatives et pratiques. Ses initiatives mettent particulièrement l’accent sur les enjeux contemporains liés à l’accès à la justice et à l’amélioration de l’administration judiciaire.

Parallèlement à ses responsabilités professionnelles, Me O’Doherty consacre une partie de son temps libre à l’écriture de romans.